COSMOS Iconologie

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Vole !

 

 

 

Les skis en appui sur un pan d'air pur, tout le corps porté à l'horizontale, élan,

la vie n'être qu'un long saut de ski. Vol sans ailes sans effort,

menus cristaux scintillent un instant dans les bronches,

bain de froidure purifiante,

pure expérience d'être.

 

 

Avance avance encore plus loin ton désir, tant que dure ce vol dure la vie,

déjà très haut par-dessus les sapins.

Les planches jumelles en oblique

avec leur double bec levé,

c'est pour ascensionner l'air froid,

l'air  invisible et porteur.

 

Tu ne sais pas le slalom le chasse-neige tant pis,

sous toi ce sont les chemins qui serpentent,

les ruisseaux s'égarent, le monde

organise sa variété, ses embranchements.

 

Seule cette horizontalité que tu es devenu, certitude,

seul le froid porteur le ciel pétillant

dont chaque paillette diffracte la lumière entière du soleil,

sous toi la flèche, un embrasement indolore.

 

 

Immobilisé dans la vitesse comme un navire pris dans les glaces,

seule la carte survolée atteste le mouvement.

L'avance est imperceptible à si haute altitude,

pas d'air sifflant aux oreilles, le soleil en face,

tu es aigle,

peau du visage splendidement boucanée.

 

 

Il passe un signe du zodiaque,

passe un dieu préoccupé, passe un lambeau

c'était un voile de bonne sœur déchiqueté,

ou la ceinture d'Iris après viol,

la semence qui déborde d'un volatile de haute altitude,

de la race qui coïte en plein vol,

ventres insatiables jamais repus.

 

Passent deux yeux clos extatiques.

 

On ne t'a assigné aucun but, nul segment de ton aller de ton voler

ne s'imprime sur la pellicule ou la rétine.

Enfin! le manège a craqué, la force centrifuge t'a éjecté,

bonheur de s'abandonner à une force irrésistible,

ta vie devenue une éjection tu n'y es pour rien.

  Vol qui dépasse infiniment

tous ceux que tu as rêvés.

 

Ton double véridique cependant se mêle à une petite société d'amis,

peut-être sentent-ils sur ta peau

une température une odeur qui ne sont pas d'ici;

ils en rient ils t'appellent poète.

 

 

 

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26/09/2016
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