COSMOS Iconologie

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Je me souviens de l'évangile

 

 

 

 

… un climat frais, lis des champs, épis que l'on froisse tout en marchant, groupe de disciples tout rajeunis par leur entrée en religion… Le maître, simple, pas vieux, génial, et l'un ou tantôt l'autre des fervents qui marche à ses côtés. On marche beaucoup (dans la campagne); le maître est d'abord un type qui marche. Une sorte d'allégresse; le pays aussi est en paix, le pouvoir romain pèse point trop. De braves types, au modeste métier, banquier, pêcheurs, ils manquent parfois de vivacité et le maître dit ô cœurs lents à comprendre ! et il leur explique, tout. Ils sont bons. Ou rendus bons, jusqu'à la moelle, infusion de bonté, non par quelque effort ou travail spirituel, mais par la nouveauté, l'évidence, l'intransigeance tranquille du maître, de ses actes et de ses mots.

 

 

Il est si solitaire. Toujours accompagné, si seul dans son secret qu'il porte avec discrétion  - n'ébruitez pas ce miracle, n'en parlez à personne … Il ne la ramène pas, même quand il parle de lui-même, à la troisième personne, le fils de l'homme. D'une façon si étrange il parle (certaines fois on dirait qu'il se prend pour le messie) de sa destinée, exceptionnelle, aussi nécessaire que les prophéties de nos pères : il faut que le fils de l'homme souffre et meure pour  arriver dans sa gloire …

Allégresse comme fond de l'air. Ils ont tout laissé, le filet et la barque et même encore des poissons qui sautaient dedans, pour le suivre d'un coup, pas une seconde de délai viens suis-moi. Celui qui venait de perdre son père, le maître lui a refusé de prendre le temps de l'enterrer, il a eu une parole terrible, foudroyante, exaltante : laisse les morts enterrer les morts.

 

A ceux-là il dit ce que leur cœur pressentait : le royaume de dieu il est là parmi vous, à portée de la main, pour les mains vives, pour les violents, ceux qui ne s'accordent pas une seconde de délai. Il n'y aura pas besoin de temps préparatoire, de manœuvres, d'attente, d'éducation. Là, tout de suite, ce royaume, ici, dans les mêmes chemins, les champs les villes le bord du lac. Pas besoin de construire, ou de déménager. De faire la révolution ou de résister, de se battre.

 

Seulement soi-même, il faut faire naître. A vin nouveau outres neuves. Il suffit d'entendre ces mots, et on est une outre neuve, réceptive, avide, poumon enivré par l'air frais. Joie de se sentir neuf, vacant, sans rien emporter, léger vierge vif. Sans y être pour rien, il a suffi de le suivre, il en donnait un tel désir.

 

Une vie d'enfant sans attache et sans bien, sans projet, ni métier qui vous tienne. L'urgence de l'appel, la légèreté parfaite quand on y a répondu. On mange on ne mange pas, on est reçus quelquefois chez une dame car le maître s'est vite constitué tout un réseau, ou chez un riche pharisien. Lui, qui peut jeûner sans même le faire remarquer, il a une bonne fourchette, il aime le vin; il est si simplement à l'aise à une table de noble ! Pauvreté ingénuité vous rendent léger, confiant, sans âge. Libre et vaguement irresponsable. Quand on a fait ce choix de tout quitter, il ne peut rien vous arriver de mal, vous ne manquerez de rien Dieu nourrit les petits oiseaux, il habille les lys des champs.

 

Il disait : "Le fils de l'homme n'a pas une pierre où reposer sa tête". Bien sûr qu'il n'en emporte pas avec lui, il en trouve n'importe où, des pierres, et même des oreillers.

 

 

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12/09/2017
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