COSMOS Iconologie

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Habitat rural

 

Des haies des chemins de traverse de longues routes sinueuses sans issue, c'est par ces travaux que les humains épars installés au pays répondent au très ample plissement qui s'évase depuis le petit pic de roche brillante jusqu'aux villages successifs de la vallée. Dès qu'on va sur les pentes, il faut suivre à force virages les courbes de terrain. En bas quelques petites voies droites, parmi les vergers, mènent à la rivière.

 

Or soudain me revient cette errance dans les chemins de Blanot, eux aussi enfantés par les formes du paysage : baigné de larmes comme un orphelin je me suis arrêté dans un chemin creux, et voici qu'une vache silencieuse vint lentement à moi derrière sa clôture, tout près, dans la solidarité des êtres sans destin. Lenteur et poids de sa compassion.

 

Au terme d'une route en lacets, ce qu'on croit être un cul-de-sac et comme tel décevant se révèle être un vrai lieu, si beau qu'on n'a pas eu à en chercher d'autre et qu'on s'est posé là pour un bivouac, et puis on a construit son abri en dur. Dans la plaine, posés le long de la rivière, les villages ne racontent rien d'autre qu'une très vieille halte de horde ou de chemineaux. Posons les sacs et plantons là nos tentes. Sans s'inquiéter d'autres non loin semblables, petites destinées d'un autre groupe dont on ne sait plus l'origine. On les a reliés par un chemin carrossable, un pays s'est constitué.

 

Seuls des moines vers l'an mil gravirent jusqu'à un point sublime, Saint Martin et Serrabonne, pour y édifier église et cloître, en veillant à laisser pour la vue un des quatre côtés ouvert sur le ravin profond et les pentes lointaines. Veilleurs. Architectes et sculpteurs inspirés. Veilleurs à la hune pour une peuplade anonyme qui sans eux n'aurait pas de lien avec le ciel, si ce n'est les quelques minutes dont jouissent les hommes qui chaque année montent les deux-mille mètres du Canigou en courant, simple défi physique.

 

 

Les forêts que l'on parcourt à l'automne ont des couleurs faites pour être photographiées d'avion. Faute de quoi il faut faire son profit des lignes de pêchers roses, des vignobles en automne, depuis mon balcon. Si du moins dans ce pays on n'a rien d'autre à faire que le contempler. Ceux qui ne sont pas d'un peuple à mains.

 

 

 

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26/09/2016
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