COSMOS Iconologie

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Zoé la Vie

 

 

 

Zoé recrute même dans les beaux quartiers, puis ses adeptes ses mordus ses fils, elle les lâche. Pas dans la nature justement, puisque c’est elle. Quand j’ai dit elle les lâche, c’est : débrouille toi, tu sais que je suis toujours là. On ne peut pas vivre en couple avec Zoé, moins encore qu’avec une femme humaine.

 

 

A quatre ans il parle au milieu des buis taillés odorants, mais il parle dans son thorax. Rien ne le distrait jardin ciel écrin des montagnes sapinières, il n’a pas besoin de fermer les yeux pour parler avec Dieu.

A 70 ans assis sur un perron d’abbaye, il dit à sa sœur je me sens plus proche de ce cèdre derrière toi que d’aucun humain.

Sur le perron il a dit encore : ah ! ce que j’ai envie d’aller rejoindre cette terre, quand je sucerai les pissenlits par la racine. Et tout en parlant de son inhumation, il regardait le pré court tondu autour du cèdre, les petits trèfles propres les petites pâquerettes, avec une tendresse totale, comme il regardait à quatre ans ce tapis avant de s’y étendre à ventre ou à dos, contact odeur lit vivant, et pas très loin il y avait sa mère humaine.

 

 

Depuis longtemps elle ne le prenait plus sur ses genoux, je serai toujours là, la douceur émanait de sa robe à petites fleurs imprimées, de son demi sourire, de son incroyable capacité de silence,  émanait doucement, vagues plus continues et plus imperceptibles qu’un arôme venant de la garrigue. Mais si certaine si absolue la douceur, promise pour toujours et puis la mère est morte.

Zoé la vie seule mère alors, et le droit bienséant de désirer retourner dans son sein se dissoudre puisque c’est ça qui va nous arriver  justement. Mais il est trop tôt. L’élu n’arrive pas à se défaire d’une âme, et de tout ce qui va avec : source intarie des mots, souvenirs (jusqu’à l’hallucination) et rêves (jusqu’à l’odeur dans le côté bien peigné d’une chevelure de femme un endroit à la vanille l’autre d’ambre), l’âme et quelques ambitions, la peur et les deuils, morale, écriture.

 

 

Zoé est là entre les visites du fils, heureuses, au gué de la Ribeille, au chêne du sentier d’Arboussols qu’on enlace à pleins bras, joue contre écorce, Zoé était sûrement là aussi dans les innombrables maladies. Il m’a fallu longtemps pour ôter l’âme de la maladie, que ça ne soit plus l’encombrante souffrance (le mal ) mais pure et nue une douleur, une autre, deux à la fois, la fatigue, rien de plus. Et d’arriver à se trouver merveilleusement bien à dormir en plein jour de printemps en plus de toute la nuit, sans reproche.

 

 

 Ouranos Gaïa Océanos n’importe combien pourquoi ont-ils divisé Nature en morceaux, tous adorables ? Jamais ne m’a manqué l’évidence de leur unité, tendue à pleine peau de continents, tendue à distance d’astres. Ma famille dès l’enfance. Avant qu’on ait donné à cette unité son nom : attraction universelle.

 

 

 

 

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31/12/2016
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