COSMOS

Jean Labellie, peintre ami






 Eùs, depuis la place du bal du 14 juillet...


Jean Labellie s'appelle Robert, et son incomparable Jeanne s'appelle Nicole. Bravant l'état civil, ils sont devenus pour l'éternité Jean et Jeanne. Nous sommes voisins, au moins chaque été, dans le village d'Eùs, près de Prades. Et je ne sais pas si l'on peut vraiment parler de Labellie sans parler d'Eùs et des calades, qui se disent en catalan : carrer (ne pas prononcer le –r). Le village est entièrement pédestre et les gamins peuvent y courir et les adultes s'y perdre tant qu'ils veulent.

Donc Jean est un bon ami à moi et un ami bon. C'est souvent une mauvaise disposition lorsqu'il s'agit d'apprécier la peinture de l'ami, surtout si on ne peut pas dire qu'on ne l'aime pas.

Pendant des années, j'ai constaté que l'alphabet de Jean n'avait qu'une lettre : une sorte de petite mandorle faite de deux petites courbes jointes aux deux bouts, et si célèbre que soit la forme dite mandorle dans l'histoire de l'art, je ne pouvais y voir que des vulves. Ces vulves étaient serties, serrées, et généralement suivant une seule direction oblique, comme on avait vu faire à Bazaine (façade de l'église près des usines Peugeot). Bazaine, Manessier, Labellie, même génération, que l'on résume sous le label "abstraction lyrique". Celle que j'ai très longtemps préférée.

Avec des vulves donc, et quelques ronds bien placés, Jean faisait un incendie de forêt, l'autoportrait de son chat, des tas d'oliviers (là, il faut dire que la forme des feuilles s'y prêtait), une femme nue, ou deux, et bien vite je lui ai dit que je n'avais rien à faire de ces sujets, titres, explications symboliques sur le couple etc. Ses tableaux se suffisaient. C'est dire que je commençais sérieusement à les aimer. Il y a dans toute cette époque une sorte de densité, un refus de tout ce qui dévierait du seul but, un serrage intense des couleurs primaires, une force de luminescence à travers un monde de branchages crépusculaires, et en fin de compte un certain humour, lorsque ses petits ovales servaient à dessiner ses bajoues ou le sexe de sa femme trônant dans un fauteuil. Comme s'il finissait par avouer : ben pardi, c'est évident que ce sont des vulves !

 

Un jour, sortant de son grenier atelier, il porta sur la terrasse de son soleilan des toiles pas très grandes, qui m'ont semblé manquer d'idée géniale, mais surtout, surtout, où les minuscules innombrables vulves avaient laissé la place à des gros machins patatoïdes, cernés d'un très gros trait noir, et dont je ne percevais pas les relations. Il dut comprendre mon air navré, et me dit : "C'est comme ça maintenant, c'est à prendre où à laisser".

 

Je ne savais pas qu'il inaugurait la période la plus belle, la plus joyeuse, la plus éclatante de sa peinture. Dès qu'il eut passé des balbutiements à de grandes toiles (des bâches de bistrot qu'il avait récupérées, et dont le fond coloré lie de vin ou bleu charrette un peu éteint par le soleil, c'est pour ça qu'on renouvelait ces auvents), je commençai à voir les chemins. Il les appelait comme ça parce que l'immense toile, jusqu'à cinq mètres, hissait en ligne droite un "cami" que Saint Jean de la Croix aurait appelé "La Subida al cielo". Jean disait aussi : chemin de vie. Alors je compris que c'était des calades du village qu'ils étaient nés, et que ces gros ovales impitoyablement cernés étaient nés des pavés ronds sur lesquels nous montons chaque jour, et qui sont cernés ou plutôt sertis d'un large joint de ciment pour atténuer l'effet de courbure sous le pas.

J'écrivis alors un petit texte, où j'imaginais Labellie à Eus, marchant comme je le voyais tous les jours, lentement, à grands pas de montagnard, sans lever les yeux du pavement ? Et puis, arrivé dans sa merveilleuse maisonnette tout fleurie dedans et dehors, levant la tête – et là, ce n'était pas pour le plaisir de prendre une grande goulée de ciel bleu et de soleil. Je l'avais entendu montrer le panorama à des visiteurs, en évoquant "la malédiction de l'impressionnisme". Eh oui ! dans ce vaste paysage cuit de soleil, qu'est-ce qu'on peut peindre après que les impressionnistes sont passés par là ?

Il peignait donc, bêtement obstinément, l'hallucination de la calade, ça qu'on n'avait jamais eu l'idée de prendre comme matériau ou comme sujet ou comme élément. Et les ovales, empilés, juxtaposés, serrés à leur tour, s'illuminaient peu à peu avec un peu de rouge, quelques stries noires, un jaune d'œuf, beaucoup de bleu surtout s'il y en avait déjà plein la toile d'origine.


 

A ce point parvenu, je vais seulement montrer deux photos qui me restent (diable! où sont passées les dizaines que j'avais prises en son atelier, dans les rue du village où il suspendait ses dazi-bao ?) On voit en tous cas le phénomène extraordinaire de ces oriflammes (jamais Labellie ne tendait la toile sur un châssis) lorsque ans une immense salle ancienne et très nue, ils bougent lentement à la brise qui circule depuis les fenêtres ouvertes. C'était à Cahors. J'y ajouterai une vue analogue prise à Aurillac.





 



________________________________________________________



A force de se pousser dans des belles villes "de province", Jean est arrivé enfin à CERET. Oh! non pas au grand musée d'art moderne, où l'on est un peu trop snob pour lui faire sa place. Mais à deux pas de là, dans une chapelle badigeonnée de blanc, où ses toiles illuminaient les murs nus.

Je suis allé, après un long et silencieux parcours dans ses COSMOGONIES, m'asseoir par terre devant le N° 7 ou 6, et j'ai regardé et j'ai écrit jusqu'à épuisement. Voici le texte.


Cosmogonies

 

 

" Je vois que les callibistrys des femmes de ce pays sont à meilleur marché que les pierres. D'iceux faudrait bâtir les murailles en les arrangeant en bonne symétrie d'architecture, & mettant les plus grands au premiers rang, et puis en taluant à dos d'âne, arrangeant les moyens & finalement les petits. Quel diable déferait une telle muraille ? " ainsi parla Pantagruel lorsqu'il se proposait de fortifier les murs de Paris. Le temps pourtant n'est plus où LABELLIE façonnait, serrées jusqu'aux bords de toile ou papier, de ces petites formes ovales que l'on pouvait aussi appeler mandorles, en se souvenant de cette sorte d'auréole ovale capable d'entourer le corps entier du Christ par exemple, comme on voit au tympan de Vézelay, ou plus simplement qui proviennent des feuilles menues et nombreuses des oliviers méridionaux, lesquels Labellie maintes fois évoqua, sans même se servir d'autre couleur que le noir. Cet ovale menu fait de deux courbes serrées face à face constituait l'unique lettre de son alphabet, et le sujet du tableau se devinait à travers leurs modulations, comme inattendu, son propre portrait, celui du village, son chat, ou bien sautait aux yeux, lorsque, à point nommé, il convoquait ses vulves sacro-saintes, avec des ronds là où il en était besoin, pour figurer en pied, ou couchée ou trônante, une femme absolue.

 

 

                                                 

 

 

Depuis ce jour que j'ai évoqué, où Labellie nous montra une toile où ne figuraient que de grands ronds plus ou moins ovales, cernés de noir, avec des couleurs peu nombreuses à l'intérieur, toute figuration globale disparut, et seul le nouvel élément de base, bien plus grand que les callibistrys  d'antan, était à lui seul le sujet du tableau. Il en suffisait quelquefois de deux ou de trois., hétérogènes, instables. On pensait aux rues si raides du village, les calades : elles sont faites de gros galets de rivière, tournés sur leur face plate, et cernés de ciment en une sorte de tissu continu, de tissu conjonctif. Jean et Jeanne appellent encore cette forme unique : galet.

Il les empilait bord à bord, dans le sens vertical (chemins) ou horizontal (murs). Il prirent peu à peu des couleurs, en général une seule pour chacun, et si l'on regarde bien la calade  - quand ça grimpe à ce point, on marche volontiers la tête baissée – on distingue que les pierres sont de minéraux différents et d'une grande variété de couleurs et de veines. Comme pour humaniser ces entassements, Labellie, dont le cœur chantait mieux, leur donna des coloris plus vifs et plus variés ; mais ils restaient collés les uns aux autres, enfermés chacun dans son gros contour noir. De tissu conjonctif, il ne restait que celui de la toile à peindre.

 

C'est à cette époque que Labellie se fit donner, lorsqu'on refaisait l'auvent d'un magasin ou d'un café, la bâche usagée, rouge, verte, bleue, ocre, tout était bon. Cela lui donnait non seulement un fond avec lequel devaient jouer ses propres couleurs, mais aussi la possibilité de faire des choses immenses. A 80 ans, faut ben ! Lorsqu'il suspendit à Cahors, c'était superbe, jovial, puissant. Les murs étaient de belle pierre même à l'intérieur, et la lumière circulait, la brise faisait bouger le toiles pendues au plafond, ce n'était que jubilation.

Il créa donc pendant des années, avec très peu de choses, un monde entièrement pictural, qui n'avait plus aucune référence avec les formes naturelles, qui ne représentait plus rien.

 

 

                                                <>

 

 

Ainsi en arrivons-nous aux Cosmogonies exposées à Céret, et encore une fois à la question importante du support. Quelques journées à Pâques 2007 donc, dans une chapelle toute blanche de Céret, sous des vitraux haut perchés aux joyeuses couleurs, signés Manessier, Jean Labellie exposait sous le titre global de Cosmogonies (pluriel d'un mot grec signifiant "naissance du monde") un petit nombre d'œuvres très récentes, précédées pédagogiquement d'œuvres plus anciennes, dont le magnifique "chemin bleu" qui me fait toujours hennir de désir. 




Les cailloux se montent dessus, s'écrasent et roulent, quelques-uns près d'être éjectés de la colonne, qui veut absolument rester droite entre deux grands espaces de toile bleue où demeurent des traits d'ébauche, en fait : des cailloux qui ne naquirent pas. Il n'y en a pas deux de pareils, mais les couleurs qui les emplissent sont seulement un vermillon, un bleu outremer, du blanc, et un petit fouillis de traits noirs qui n'arrive pas à passer pour du gris, et m'évoque une cellule vivante au microscope  - au temps du lycée, on les voyait sur le livre, et certains bâtonnets appelés mitochondries dont on ignorait encore la fonction...

 

J'avais vu depuis des années les bâches de chez Saint-Frères et les draps hors d'usage (domestique) mis massivement à contribution - il peignait dessus sans qu'aucun châssis tende le tissu. Il chérissait d'immenses bâches tout en hauteur, qu'il peignait de bas en haut, je crois, en déroulant, en montant sur une chaise... L'un de ces "chemins" sur une bâche d'un très fort rouge, a été suspendue dans l'église de son village natal, le Rouget, derrière l'autel, se perdant dans un clocher qui est un puits de lumière, en sorte qu'il faut s'avancer vers l'autel de Dieu et lever la tête vers le ciel, deux gestes fortement religieux. C'est la voie du Ciel, en somme. On lève la tête et on n'en voit pas le bout   - voit-on le bout du chemin quand on va au ciel ? Ce qui importe, c'est de compter les marches, les galets, et de nager dans le lourd fleuve rouge.

 

 Le peintre en vint peu à peu à une disposition ventilée des éléments, glissant entre deux galets conjoints quelque flèche noire oblique, un peu d'espace vide, une nouvelle forme aussi, noire et courbe, sortie de l'univers de Miro ou Kandinsky, ou des grottes peintes les plus antiques, évoquant des cornes de buffle, ou des boomerangs. Quant aux chromatismes de plus en plus clairs et joyeux, que j'ai évoqués à propos de Cahors, ils contribuèrent aussi au grand bond en avant de l'octogénaire, qui devait l'amener  à la création du monde... Mais je voulais vous parler tissus.

 

 

                                                 <>

 

 

J'ai été frappé, en regardant sur le mur de gauche le N° 7,  par le support. C'est un drap de lit, un morceau à peu près carré. Il y trône deux belles initiales, deux "chiffres" brodés en relief. Et plus à gauche - le drap étant tiré de droite à gauche - on voit encore une belle ligne de dentelle, exactement de "jours"; puis l'ourlet large qui indique, quand on fait son lit, que c'est la partie haute, qui sera rabattue sur la couverture. On ne saurait à ce point avouer, exhiber même, le support comme une part entière de l'oeuvre, qui n'a point à être maquillée ou cachée.

A droite répond une traînée massive, verticale aussi, d'une couleur entre la turquoise et le vert Véronèse. Cette grande chose verte a sa limite droite tirée au cordeau, laissant lui succéder encore vers la droite une bonne largeur de blanc, qui est le reste du drap d'origine.



 

(Ce N°7 est très récent, daté de janvier 2007. Quatre mois plus tôt, il avait peint un tableau de taille moyenne (N°8), qui montre un petit monde lumineux, occupant plus de la moitié gauche, qui, en quelques énormes bulles et une énorme corne de buffle, jaillit d'une large bande de ténèbre verte à droite, tachetée de son effervescence interne : on évoque le chaos à l'instant du big bang. Cette masse sombre (le Chaos) perd des émanations gazeuses, qui vont traîner puis se dissoudre dans l'espace clair, déjà plein de photons, là où naissent les astres... Une idée analogue s'était précisée et amplifiée dans le drap de lit, où naguère s'apprêta peut-être la naissance d'un enfant humain.)




 

Donc, entre les bandes et masses verticales, on trouve bien sûr les ovoïdes (grands comme des oeufs d'autruche, ou de diplodocus...). Ils ne sont pas contigus, empilés, mais ils s'échelonnent de bas en haut - c'est curieux comme je ne peux  parler de ces oeuvres sans y faire une ambulation, de droite à gauche, de bas en haut. Un espace clair circule entre eux, parfois repeint en blanc  sur la blancheur du drap.


Rien ne vient de rien.

Rien n'est enclos.

Il y a pourtant une évolution depuis l'oeuf fermé du bas, jusqu'au sommet où éclatent, explosent trois taches ovales : verte, jaune d'or, et la troisième carrément blanche et si bourrée de lumière qu'elle dissout en brindilles la double corne noire qui passe devant elle. comme au fil d'une éclipse. Ce n'est plus un empilement, c'est un jet. Le vertical "ciel" vert dissout dans ses parages sa raideur.

On peut aussi penser à une évocation de l'évolution biologique : à gauche s'isole, au deuxième étage, un contour ovale vide, où s'enfile le bout d'un arc noir; cela me fait penser à ces embranchements d'espèces qui n'ont pas continué, qui ont disparu. Ou à quelque fécondation qui n'a pas abouti.

Dans l'énergie primordiale dont le créateur a lâché les brides, les noires coquilles, qui se sont obstinées pendant tant d'années à cercler de noir les oeufs de couleur, ont gonflé, explosé et il reste d'elles ces cornes noires qui vont çà et là, trop grandes, comme durcit la matière gazeuse à l'origine, comme grossissent les univers en expansion.

On ne peut exprimer plus fortement, plus jouassement, l'idée de cosmogonie.

 

 

                                                <>

 

 

Mais la forte présence du drap, à gauche et à droite, nous fait bien entendre que tout ce qui est peint, indissolublement avec le support choisi, forme un projet pictural pur, une "cosa mentale".

Autrement dit, s'il y a ici naissance, c'est naissance de la peinture de Jean Labellie à partir du drap, que j'ai justement appelé "d'origine".

 

 

                                                <> 

 

Dans cette chapelle de Céret, une très grande oeuvre carrée, peinte sur une bâche d'un ocre brun bourré de lumière interne, occupe triomphalement la place du maître-autel. Hissée au fond d'une sorte d'abside, et éclairée aussi fort que le "chemin de vie" du Rouget. Elle date de mai 2006. C'est elle que l'oeil voit en premier, mais comme un terme, et toute la déambulation qu'on fait dans ce vaisseau est pour toucher la récompense de la voir de plus près.





 



Elle est faite de deux éléments considérables. A gauche, un empilement d'oeufs clos, peu nombreux, très gros, très présents. Trois ont la chair rouge de nos grenades. Mais le cerne noir d'antan a pris son indépendance et devient un véritable objet pictural, une nouvelle forme originale, jouant de la courbe et de l'angle en aplats noirs au contour précis.

En bas, comme supportant le deuxième oeuf tout en contournant le premier,  un arc noir, qui a son contour droit (intérieur) totalement courbe, tandis que le bord extérieur montre une courbure cassée par des angles, ce qui engendre  le contour particulier des six oeufs, dont je parlais. Il est repris dans un formidable écho par le même devenu très grand, à peu près courbé comme une hyperbole, occupant le tiers de la toile. A l'intérieur de sa courbe, il porte à distance de lui, comme par un champ magnétique, un formidable soleil d'or palpitant, cerné d'une couronne solaire d'un beau gris gazeux, et dont le coeur est  rouge vif. Rouge du sang maintnant, rouge des corps vivants.

L'articulation et la complémentarité des deux éléments de cette peinture ne se lisent plus en évocation abstraite de phénomènes cosmiques. On est seulement en admiration devant leur simplicité, leur force, leur différence totale et leur nécessaire complémentarité.

 

Je vois dans cette oeuvre, malgré sa date antérieure de huit ou neuf mois à la plus récente, l'aboutissement et la signification de toute la recherche de Jean Labellie - et c'est bien pour cela qu'on l'a placée au bout de notre cheminement et que, dès que nous entrons dans la chapelle, elle nous saute aux yeux, elle appelle nos pas.

 

Aboutissement : une sorte d'immense et merveilleusement simple calligraphie japonaise, surgie en quelques instants d'un très grand pinceau magnanime, qu'anima un geste venu de l'âme, parfaitement maîtrisé, infaillible.

 

Au bout de notre cheminement dans la nef, c'est l'affirmation d'un monde totalement né, au terme de toutes ces tentatives qui méritent le nom de cosmogonies.



______________________________________________




Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer la grande toile d'olivier qui trône chez nous, sur un mur blanc, près de la fenêtre. Marie la voulait depuis des années. Finalement Jean lui a dit : "Allez, emporte-la, tout de suite. Tu paieras quand tu pourras."




_______________________________

N.B.J'ai emprunté plusieurs images à son site :

                                   http://jeanlabellie.com/


 

Le 18 juin 2010, Jean Labellie fêtera ses quatre vingt dix  ans par une grande exposition rétrospective à Perpignan.


Jusqu'à cette date, il peindra encore, infatigable.


Salut, Jean !



 

 

 

 

 





Article ajouté le 2009-02-13 , consulté 10 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Iconologie "

Imprimer cet article

Retour aux articles



Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion

Créer un blog gratuit avec Blog4ever




Kits-Gratuits.Net | kits graphiques gratuits